REFLEXIONS SUR CERTAINES PRATIQUES DE LA DEMOCRATIE… !

 REFLEXIONS SUR CERTAINES PRATIQUES DE
LA DEMOCRATIE… ! 

On est surpris par certaines pratiques de la démocratie, dans un grand nombre de pays en voie de développement. Il serait question  de créativité innovatrice, sortant du cadre  classique des démocraties universellement reconnues et confirmées comme modèles à  importer. ! 

L’intention serait certes louable, si les pays novateurs jouissaient d’une ancienneté démocratique incontestablement confortable, leur permettant objectivement et logiquement de réaliser des exploits en matière de recherche  scientifiquement convaincante, tant  pour les citoyens , que pour les pays dits amis. 

Nous nous limiterons à deux exemples de pratiques démocratiques jugées révolutionnaires, par leurs adeptes locaux, des schémas méthodo-doctrinaux, jusques – là considérés comme sentiers susceptibles d’aboutir à une meilleure gouvernance des états de droits et de lois : 

1/ La notion d’opposition : après de longues années de plomb et de cendres,  les gouvernants des pays en voie de développement ont réussi à éradiquer toute velléité d’opposition clandestine, en considérant ses auteurs comme de dangereux fauteurs de troubles, et de terroristes hors la loi. 

Les fractions de peuples qui d’habitude sympathisaient avec de tels groupuscules s’étaient vu couper l’herbe sous les pieds, grâce à l’instauration quasi permanente de l’état d’exception, qui autorisait les pouvoirs publics, à se livrer à toutes les actions répressives de «  dernier cris ! » 

Ces  pratiques ‘chirurgicales’ furent jugées par leurs auteurs, comme un passage nécessaire et obligé vers l’acceptation d’une opposition légale, démocratique. On est passé alors d’une extrême à une autre : plus jamais d’opposition clandestine, d’accord pour une opposition « autocensurée, autocontrôlée, mûre, citoyenne. » 

  C’est là, la première nouveauté dont sont fiers les états en voie de démocratisation. Leur enjeu principal, leur pari essentiel, sont désormais gagnés : l’exécutif a toute latitude de gouverner, sans se sentir dérangé outre mesure par une opposition qui n’a de pouvoir que ce qui lui reste comme pouvoir. 

2/La notion de consensus : alors que les débats contradictoires reflètent l’une des pratiques fondamentales de toutes les démocraties traditionnellement et profondément ancrées dans les sociétés avancées, dans les pays dits en voie de démocratisation, les dirigeants, toujours convaincus d’une maturité encore insuffisante des peuples, préfèrent se rabattre sur des pratiques, traditionnellement adoptées et adaptées par des sociétés patriarcales dans le cas de gestion de conflits internes, entre fractions de douars, de tribus : les arrangements par consensus, ou plus expressivement, les manœuvres consensuelles. 

C’est là, la seconde nouveauté dont sont fiers les états en voie de démocratisation. 

On passe subtilement, de la discussion des projets de lois , à de simples arrangements autour d’un succulent verre de thé consensuel, comme le veulent les traditions ancestrales de pays en voie de développement durable de la démocratie. 

Décidément, le monde en voie de développement, n’en finit pas de surprendre. !./. DE VIVE VOIX : Mohammed ESSAHLAOUI 

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