! L’ECRITURE DE PRESSE : CONTRAINTE ET/ OU CREATIVITE ?!

            ! L’ECRITURE DE PRESSE : CONTRAINTE ET/ OU CREATIVITE ?!

 

L’information consiste à mettre en forme un message de façon à pouvoir communiquer son contenu de façon claire et accessible. Elle représente un acte intégralement assumé par son auteur.

 

C’est l’opération d’informer, et son contenu. Elle permet de fournir des données précises et particulières.

 

Pour revêtir son principal caractère de crédibilité et de plausibilité, elle doit remplir des conditions sine qua none et donc incontournables.

 

Les  caractéristiques ou critères de l’information sont les suivantes, et elles se complètent mutuellement, en conformité et en harmonie avec les aspects de verticalité, d’horizontalité, et bien sûr ceux de la transversalité textuelle :

 

La clarté qui est censée être clairement présente à tous les niveaux exigibles et exigés de la phrase, du paragraphe, du texte (énoncé, message, texte, production.)

 

La complétude et complémentarité, dans le sens où l’information doit se compléter avec un maximum de points de vue.

 

La précision qui sous-entend des données chiffrées, localisées, quantifiées.

 

La praticabilité, telles que  des fiches de travail, par exemple, faciles à utiliser.

 

La nécessité, qui se limite à ce qui va dans le sens de l’objectif escompté.

 

La nouveauté et l’actualité événementielles, qui sont tenues à jour, en permanence.

 

Toutes ces exigences sont nécessaires et utiles pour une information efficace ; si l’un de ces  critères est absent, son impact sera automatiquement et inéluctablement  atténué.

 

L’écriture de presse serait alors, selon cette vision, une conception de l’information qui sépare le fait du commentaire.

 

Le reportage montre, l’enquête démontre. Au départ d’une enquête, le journaliste doit savoir ce qu’il cherche, non, ce  qu’il veut prouver.

 

Comme on peut le constater souvent, les faits se décrivent, mais, d’un strict point de vue de définition, le commentaire commence à l’explication.

 

Il serait donc naïf de penser que l’acte  d’information est l’ensemble paradigmatique aux variations  infinies d’un seul acte  de parole : « informer ».En réalité, plusieurs actes de parole (critiquer, rappeler, dénoncer,  défendre, convaincre…) sont mis en œuvre dans un même acte d’information.

 

Plus concrètement, un article, qui est la matérialité cohérente de l’information, est un message essentiel, et un seul.

 

Mais, dans un même bulletin radio, on trouve trois actes d’information distincts : d’abord un reportage d’un envoyé spécial dans un endroit déterminé, puis une analyse d’un spécialiste sur l’évolution d’une situation donnée.

 

La présentation du journal, en rappelant les faits, effectue le troisième acte d’information. Les commentaires de présentation dont il encadre l’acte-reportage et l’acte-analyse font partie de ces actes eux-mêmes, ne serait-ce que parce que les grandes lignes de ces présentations lui ont été fournies par les deux locuteurs concernés, du moment que l’acte d’information se veut une œuvre collective, fruit de la collaboration d’instances hiérarchisées.

 

Dans le cas de la presse écrite, tous les discours normatifs de l’écriture de presse considèrent  le lecteur-récepteur comme l’élément-clef de cette écriture. Le lecteur  est décidé à accompagner le rédacteur dans tout son parcours informatif.

 

Le travail du rédacteur va consister à ménager régulièrement des « relances » successives, pour garder le contact avec son compagnon de route. Hélas, pas d’illusions : des abandons sont nombreux. Il n’empêche que l’effort du rédacteur ne doit pas s’essouffler, il doit, au contraire, être constant, soutenu, et entretenu.

 

C’est en ce sens qu’on pense  pouvoir parler d’une véritable centration sur le lecteur, principale caractéristique  de l’écriture d’information.

 

Par conséquent, il serait logique et juste que chaque organe de presse, chaque canal de diffusion, chaque journaliste, possède son style propre. Mais il serait autant logique et juste que ce style doit être conçu comme un ensemble de variations possibles autour d’un socle unique.

 

Appelé, à juste titre, «ligne  rédactionnelle »et « style-maison » propre à chaque organe de presse, le style propre à chaque « maison », doit obéir rigoureusement  à une contrainte / matrice d’écriture, appelée aussi, selon Bourdieu, dans (ce que parler veut dire) : «une autocensure scripturale constituée par la situation-même du champ dans lequel se produit et circule le discours. »./.

DE VIVE VOIX : Mohammed Essahlaoui

 

 

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