SURSAUTS ET SOUBRESAUTS DES REVOLUTIONS ARABES !

                        SURSAUTS ET SOUBRESAUTS DES REVOLUTIONS ARABES !

 

    L’année 2011 aura été une année de tous les risques, de toutes les contradictions, de tous les imprévus, dans cette partie surprenante du monde. En effet, les expériences du passé récent et lointain, du Golfe à l’Océan ont surtout confirmé une chose : si  les peuples réclamaient des changements profonds dans la sphère économique et politique des pays submergés et asphyxiés par des crédits écrasants, ils persistaient néanmoins à croire aux soulèvements de l’armée, qui était toujours qualifiée de « grande muette ».

 

Les tentatives de coups d’état militaires avaient toujours démontré leurs limites, sinon leur absurdité. Ils avaient dans la grande majorité des cas fait beaucoup plus de mal que de bien, sachant  que le manque de coordination avec les populations débouchait souvent sur l’écrasement dans l’œuf de toutes  velléités d’un quelconque soulèvement, qui en fin de compte se retrouverait esseulé et misérablement isolé des forces vives des peuples.

 

Alors tout au plus, au  lendemain de chaque tentative de soulèvements militaires, à l’heure des bilans, on se renvoyait la balle, on s’insultait, on s’accusait mutuellement d’amateurisme, d’aventurisme, d’ignorance inadmissibles. Tout finissait par des répressions sauvages dans  des bains de sang inouïs et inhumains, dans les rangs des corps armé,  et au sein des populations innocentes et désemparées.

 

Les systèmes de pouvoirs sur place ont vite compris la leçon, et tiré de précieux enseignements pour mettre fin, une fois pour toutes, à d’éventuelles rébellions des forces armées, en ayant recours à des procédés machiavéliques qui consistaient tout simplement à provoquer des soulèvements piégés de certaines fractions de l’armée, par le biais des service de renseignements généraux et de la sécurité militaire.

Et ainsi, tout se passait exactement selon les scénarios prévus : on faisait appel à un groupe de soldats suffisamment dociles ou suffisamment rompus à de tels genres d’exercices, on leur donnait des ordres clairs et des consignes bien précises.

 

La suite était facile à envisager :   on procédait à des arrestations touts azimuts, on dressait de toutes pièces, des actes d’accusation pour atteinte préméditée à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat. Le chemin était désormais tout tracé , tout déblayé, pour  justifier des actes d’éliminations  et de liquidations ciblées, par tous les moyens imaginables et imaginaires possibles.

 

Janvier 2011, les armées étaient confinées dans leurs casernes ou envoyées en missions spéciales à l’étranger. Tout est calme, tout est paisible, quand subitement se déclenchent des soulèvements populaires dans de nombreux pays arabes, des rues et de grandes places sont occupées par des foules déchainées et en colère hystérique, du jamais vu, du jamais prévu. Rapidement ces mouvements populaires prennent de l’ampleur, ce qui nécessite  des interventions  musclées d’une rare violence pour mater et juguler les débordements populaires : on, tire alors à balles réelles sur tout ce qui bouge. Les manifestations sont  suffisamment réprimées dans des bains de sang pour que soit signé définitivement un divorce historique de toute entente populaire future avec l’armée. la «grande muette ».

 

 

En fin des péripéties, démission, défection, ou chute de certains dictateurs qui préfèrent soit s’exiler, soit mourir sur le champ de bataille, soit finir leurs derniers jours dans un hôpital militaire fort bien équipé et fort bien gardé.  Pour d’autres cas, dictateurs et peuples continuent à se faire massacrer en attendant des jours meilleurs, au vu et au su de la communauté internationale, impuissante ou complice, peu importe !

 

 En finale, arrive ce que personne parmi les honnêtes révolutionnaires des( printemps arabes), car c’est au pluriel, un pluriel pour spécifier, pour discriminer , pour  caractériser et pour démultiplier des données différentes selon que l’on soit proche d’Israël et de ses protecteurs, ou  que l’on soit proche , très proche de ses pourvoyeurs de fonds et des souteneurs de pouvoirs dociles : la surprise de l’impasse ; il faudra tout reprendre, tout est à refaire pour affronter, cette fois-ci, d’autres dictatures,  d’autres régimes, d’autres mentalités !

 

Il est vrai cependant que des têtes «  influentes » soient tombées, que des populations entières soient décimées, mais il est vrai aussi que des régimes impopulaires soient restés. /.

DE VIVE VOIX : Mohammed Essahlaoui

 

 

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