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MAROC : PAYS DES FESTIVALS

Vendredi 1 juin 2012

                                             MAROC : PAYS DES FESTIVALS

 

    Si l’on s‘amuse à tenter de définir les faits culturels qui émaillent la scène nationale tout au long de l’année, on ne pourra s ’empêcher de citer en priorité des festivals grandioses, comme étant des occasions spectaculaires destinées en premier, à jeter un public varié dans un bain mixte d’échanges linguistiques, communicatifs, éducatifs, socioculturels, économiques et pourquoi pas  politiques.

 

Il et aisé de constater que ce qui prime dans de telles rencontres organisées par les institutions de tutelle pour des publics, qui eux mêmes se distinguent  par leur diversité, leur hétérogénéité, leur envie de découvrir de nouveaux visages, de nouveaux paysages, et de nouvelles scènes jusque-là inconnus, de prendre un contact direct avec des cultures et des civilisations venues d’ailleurs.

 

Mais en plus de l’envie, de la curiosité, les festivals offrent aux populations des occasions inestimables de voyager dans un univers à la fois imaginaire et réel, à tous les points de vue. Comme si on voulait s’oublier, oublier le «  vif du sujet », oublier ses amertumes, se distraire, se refaire une jeunesse, changer, échanger, et surtout partager un plaisir et un bonheur éphémère, qui ne dure, tout au plus, que quelques heures.

 

 De telles occasions qui motivent les sensations stimulées par des rencontres, renferment inévitablement des spectacles éblouissants, aux mille et une lumières éclairant synchroniquement et balayant diachroniquement des mille et une nuits.

 

Il importe en plus, de souligner que les festivals sont des occasions de rencontres planifiées, programmées, organisées méticuleusement, par des instances rompues aux festivités, aux bains de foule. Parmi les festivals les plus prisés et donc les plus marqués, figurent en premier lieu les festivals de musiques diverses, de danses folkloriques, de tous les coins de la planète, ainsi que de prestigieux et incontournables festivals de films.

 

Toutefois, si l’on excepte le fait que chaque festival organisé au Maroc apporte avec lui son  lot de rayonnement économique, commercial,-car ne l’oublions pas, une foultitude de familles modestes profitent de ces types d’événements pour s’approvisionner, en gadgets de souvenirs, en maints petits objets de curiosité, pour en offrir à leurs gosses à l’occasion des fêtes populaires de mariage, de circoncision, entre autres-la société marocaine semble souvent divisée quant à l’intérêt concret des festivals aux goûts et images importés. Certaines composantes sociales marocaines, ne semblent guère partager les points de vue dits de modernistes convaincus.

 

Loin de valoriser l’aspect enrichissant du contact avec des faits culturels et civilisation els venus d’ailleurs, de profondes réticences et de sérieuses réserves, et pas des moindres, se déclarent ouvertement et ostensiblement. Des avis divergent de plus en plus, au grand jour, et ce qui paraissait être, dans un premier temps, une simple question d’impression ou d’appréciation individuelles, tend au fil des années, à prendre de l’ampleur au sein de la société : « à quoi servent ces festivals étranges et étrangers sinon à déranger et à éclabousser nos us et coutumes ?! Nous n’avons aucun rapport avec ce genre de rencontres qui portent atteinte à nos traditions, à nos habitudes, aux normes de notre société, et à celles de notre religion ! Ce n’est plus le Maroc que nous connaissions auparavant ! Où va notre société ? Est-ce là la modernité, dont on nous parle du matin au soir ? »

 

« Il fut une époque où l’ont parlait d’un Maroc utile et d’un Maroc inutile. Aujourd’hui, on peut parler d’une multitude de Maroc(s) depuis que notre société est rongée par un virus appelé ouverture sur la modernité » s’exclama un vieux couple qui tentait difficilement de se frayer un mini passage au beau milieu d’une foule de spectateurs fébriles et ébahis en regardant les mouvements saccadés de couples de danseurs aux habits si légers que le petit air frais de minuit, n’avait aucun mal à plier, à déplier, pour ensuite les froisser./

DE VIVE VOIX : Mohammed Essahlaoui

 

 

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